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Ce volume a été déposé au ministère de l'intérieur (section de lalibrairie)en décembre 1890.


Miniatures du Cabinet de Mr. le Comte de Rochechouart
E. Plon Nourrit & Cie----Editeurs Imp Chardon-Wittmenn----Heliog Dujardin.
Troisième Édition
PARIS
LIBRAIRIE PLON
E. PLON, NOURRIT ET Cie, IMPRIMEURS-ÉDITEURS
RUE GARANCIÈRE, 10
Pendant toute la durée de son règne, Napoléon poursuivitau dehors un but invariable: assurer par une paix sérieuseavec l'Angleterre la fixité de son œuvre, la grandeur françaiseet le repos du monde. Pour atteindre ce but, le principalmoyen de politique qu'il employa, à l'époque décisivede sa carrière, fut une alliance avec Alexandre Ier, empereurde Russie. Si l'accord essayé à Tilsit se fût consolidé et perpétué,il est probable que l'Angleterre eût succombé, quela France et l'Europe se fussent assises dans une formenouvelle; la rupture avec la Russie ranima la coalition expirante,entraîna Napoléon à de mortelles entreprises et leperdit. Comment se forma l'alliance? quelles en furent lesvicissitudes? comment vint-elle à s'altérer et à se dissoudre?pouvait-elle durer? Ces questions dominent l'histoire européennede 1807 à 1812, entre Tilsit et Moscou: leur étudeforme l'objet de notre ouvrage.
L'alliance russe n'était pas une tradition de notre politique.Au dix-huitième siècle, certains monarques, certainshommes d'État en avaient eu le désir et comme le pressentiment;parfois l'entente avait paru s'opérer; mais, si la natureavait situé les deux États pour être alliés, la politique avaitaccumulé entre eux des intérêts discordants. Les contréesdu Levant, objet des convoitises moscovites, étaient le marchéprivilégié de la France, et notre gouvernement se faisait undevoir d'en écarter tout compétiteur. L'introduction de laRussie sur la scène européenne dérangeait aussi le systèmepolitique du Nord et de l'Orient, tel que l'avait composé laprudence de nos rois et de nos ministres. Pour prendre àrevers la maison d'Autriche, ils avaient cherché jadis desauxiliaires à Stockholm, à Varsovie, à Constantinople; laRussie, en poussant ses progrès aux dépens de la Suède, de laPologne et de la Turquie, combattait nos alliés, et le cabinetde Versailles, sans les soutenir avec efficacité, ne sut pointles sacrifier à une puissance qui eût pu nous en tenir lieu.De son côté, pour apprendre la politique, l'administration,la guerre, le gouvernement des Tsars s'était mis à l'école del'Allemagne: subissant l'influence des instructeurs qu'ils'était choisis, il prenait son point d'appui tour à tour àBerlin et à Vienne; si la Russie policée se sentait portéevers nous par d'instinctiv